Baudouin Mouanda, jeune talent de la photographie africaine

En plein atelier, © Armel Louzala

Portrait © Armel Louzala

Baudouin Mounda est une figure émergente de la photographie africaine. Ce jeune photographe congolais, originaire de Brazzaville,  a répondu avec enthousiasme à nos questions. C’est à Paris où il est de passage que la rencontre a lieu. Loin de la vie tumultueuse et des chaleurs de Brazzaville, il raconte ses premiers pas dans la photographie, ses inspirateurs, ses goûts, ses projets. La démarche est personnelle mais Baudouin Mounda n’en n’oublie pas moins de se déployer dans des actions artistiques collectives dont il est l’initiateur. Assurément, la photographie africaine devra compter sur le regard de ce jeune talent…

Lors de la Biennale de Bamako en 2009, tu as présenté deux séries, peux-tu me parler tout d’abord du travail intitulé « Les séquelles de la guerre civile de 1997 » ?
C’est vrai que la guerre est terminée mais ça me fait mal quand on arrive dans la ville et qu’on retrouve les mêmes épaves. Après la destruction, j’aurai aimé qu’on reconstruise. Je trouvais cela choquant. Les gens qui ont perdu leurs biens n’ont jamais été dédommagés. Aujourd’hui, dans les rues de Brazzaville, les traces sont toujours là. Les ministres, les hommes politiques oublient ceux qui vivent là. Ce travail était pour penser à reconstruire tout cela.

© Baudouin Mouanda

© Baudouin Mouanda

© Baudouin Mouanda

© Baudouin Mouanda

Tu as réalisé un travail sur la sape à Brazzaville, c’est la deuxième série présenté à Bamako en 2009, pourquoi as-tu eu envie de travailler sur ce sujet ?
Tout d’abord dans le travail sur les séquelles de la guerre ou le travail sur les sapeurs, il y a une constance. Le travail sur la sape n’est pas un hasard. Après la guerre, tout le monde était traumatisé. Les sapeurs ont joué un rôle très important dans la mesure où cette population qui était traumatisée n’avait pas de spectacle,  pas de cinéma. Les sapeurs ont alors été considérés comme des artistes. Mais hier, ce n’était pas le cas, ils se prenaient seulement pour des gens qui passaient dans la rue, bien habillés. Mais eux, en réalité, ce sont des spectacles de rue. Ils ont contribué à passer un message très fort à Brazzaville: il est inutile de se battre avec les armes, il vaut mieux se battre avec les vêtements.

© Baudouin Mouanda

© Baudouin Mouanda

© Baudouin Mouanda

© Baudouin Mouanda

Quelques mots de fin ?
Quand il y a quelque chose de positif, il faut le dire. De négatif, aussi. Il y a tellement de sujets à traiter à Brazzaville. Et, je le confirme, oui, il y a des photographes à Brazzaville.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Baudouin Mounda réalisée par SB sur le site Lesphotographes.com.

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